Intérim des jeunes soignants : ce que change le nouveau décret

Un nouveau décret encadrant l’exercice de l’intérim pour les jeunes diplômés du secteur de la santé a été publié récemment. Cette mesure affecte notamment les infirmiers, aides-soignants, sages-femmes, mais aussi les médecins, et vise à réorganiser l’accès à l’intérim dans les établissements de santé, médico-sociaux et laboratoires. 📌 Qu’est-ce que la règle des deux ans…


Un nouveau décret encadrant l’exercice de l’intérim pour les jeunes diplômés du secteur de la santé a été publié récemment. Cette mesure affecte notamment les infirmiers, aides-soignants, sages-femmes, mais aussi les médecins, et vise à réorganiser l’accès à l’intérim dans les établissements de santé, médico-sociaux et laboratoires.


📌 Qu’est-ce que la règle des deux ans ?

Le décret impose que tout jeune professionnel de santé doit justifier d’au moins deux ans d’expérience professionnelle avant de pouvoir travailler en intérim. Cette expérience peut être acquise :

  • en CDI ou CDD,
  • en exercice libéral,
  • mais pas en missions d’intérim.

En pratique, un infirmier ou un jeune médecin fraîchement diplômé ne peut pas être embauché en intérim tant qu’il n’a pas ces deux années d’activité dans la profession.

👉 Objectif principal : stabiliser les équipes, sécuriser la qualité des soins et encourager l’intégration durable des jeunes soignants dans des postes pérennes plutôt que via des missions temporaires.


Pourquoi cette nouvelle règle a-t-elle été mise en place ?

Le gouvernement justifie cette réforme par plusieurs objectifs pédagogiques et organisationnels :

1. Renforcer la stabilité des équipes

En limitant l’accès immédiat à l’intérim, on favorise l’entrée en contrat durable (CDI/CDD) ou une orientation progressive vers l’exercice libéral. Cela améliore la continuité des soins et la cohésion des équipes.

2. Garantir une meilleure sécurité des soins

L’expérience pratique acquise pendant ces deux ans est considérée comme un gage de compétence, notamment dans des services où les situations cliniques peuvent être complexes.

3. Accompagner les jeunes professionnels

Le décret s’inscrit dans un objectif plus large d’accompagnement des jeunes diplômés, en leur donnant le temps de s’adapter à la vie professionnelle avant de travailler de manière autonome comme intérimaires.


Comment cela fonctionne pour les établissements ?

Les établissements de santé (hôpitaux, cliniques, laboratoires, services sociaux ou médico-sociaux) doivent désormais :

  • vérifier l’expérience préalable des jeunes professionnels avant de les recruter en intérim,
  • s’assurer que l’expérience est bien d’au moins deux ans hors intérim,
  • sanctionner toute mise à disposition non conforme.

Cette règle vise notamment à réduire le recours systématique à l’intérim pour combler les besoins immédiats, ce qui peut représenter un coût élevé et une forte rotation du personnel.


Quels sont les effets possibles sur le terrain ?

Avantages

  • Équipes plus stables, moins de turnover.
  • Intégration et formation progressives des jeunes soignants.
  • Meilleure sécurité des soins pour les patients.

Limites et critiques

  • Certains professionnels s’inquiètent que cela complexifie le remplacement des soignants, surtout dans les zones sous-dotées ou en période de forte demande.
  • D’autres évoquent que cela ne résout pas les causes profondes du recours important à l’intérim, comme les conditions de travail et l’attractivité des postes stables.

📅 Dates importantes

  • La règle des **deux ans d’exercice préalable s’applique progressivement, notamment depuis fin 2025 pour les professions médicales comme les médecins.
  • Pour les professions paramédicales et du médico-social, ce dispositif était déjà prévu depuis juillet 2024.

À retenir

  • Deux ans d’expérience sont désormais requis avant de pouvoir exercer en intérim pour un jeune soignant.
  • Cette règle vise à stabiliser les équipes, sécuriser les soins et favoriser l’emploi pérenne.
  • Les employeurs doivent vérifier cette condition sous peine de sanctions.
  • La mesure peut avoir des effets positifs sur la qualité des soins, mais pose aussi des défis pour la gestion des remplacements.

Sources :

SanteGouv.fr
EmploiSoignant.com